Ma fille Camille a eu ses premières règles à 13 ans. Au bout de quelques mois, les crampes sont arrivées les vraies, celles qui font rester au lit le matin. Ma réponse a été celle de ma propre mère avant moi : un ibuprofène, une bouillotte, et "ça va aller". Je ne cherchais pas d'alternative parce que je n'imaginais pas qu'il en existe une sérieuse.
Deux ans plus tard, une amie dont la fille avait le même problème m'a dit une phrase qui a tout changé. Pas une promesse vague, une information précise, source, que j'ai pu vérifier moi-même en une heure de recherche. Et cette information m'a obligée à me poser une question inconfortable : est-ce que j'avais donné à ma fille quelque chose de moins efficace que ce qui existait, parce que je n'avais tout simplement pas cherché ?
Pendant deux ans, j'ai transmis à ma fille la même résignation que ma mère m'avait transmise. Sans le vouloir. Sans le savoir. C'est ça qui est difficile à accepter.
— Sophie Laurent, contributrice